« Avec la loi Darcos, on va l'avoir dans l'os. » Plus d'une cinquantaine de parents d'élèves se sont rassemblés hier matin devant l'inspection académique, à Nantes, pour demander
le retrait de la réforme Darcos. Ils ont discuté à bâtons rompus avec deux inspecteurs d'académie, sur les marches, à l'entrée du bâtiment. Écumant un par un les points de discorde : réseaux
d'aide, soutien aux élèves en difficulté, suppressions de postes... Ils sont repartis,
« pas du tout convaincus ».
Où en est la mobilisation ? Après la suspension de la grève par les enseignants, la question se pose. « Elle n'a pas fléchi », assure une maman du
Fougan de Mer, à Bouguenais. Hier, une trentaine d'écoles restaient occupées dans le département, selon l'inspection académique. Moitié moins qu'en début de semaine. Taux d'enseignants
grévistes : 0,3 %. Dans le Vignoble, les parents préfèrent lever les occupations d'école. Un rendez-vous a été pris avec le député du secteur samedi. Laurent Thamin, parent d'élève de
Gorges : « Si rien ne bouge, la semaine prochaine, les parents ne vont pas en rester là ! » La FCPE 44 appelle à la mobilisation et demande aux
parents de « voter une motion de rejet » des nouveaux programmes lors des conseils d'école de juin.
Pourquoi ça ne grogne qu'ici ? Nantes a été la ville la plus en pointe samedi dernier. Ailleurs, la mobilisation semble moindre. Le mouvement des 500 postes en 2002, une grève dure
qui avait mobilisé parents et enseignants, a laissé des traces. Les parents ont appris à s'organiser, à faire circuler l'info et à mobiliser. Ce n'est sans doute pas la seule explication. Le
silence des syndicats enseignants, au niveau national, pèse aussi sur le mouvement.
Écoles fermées. George-Sand à Nantes et La Harlière à Saint-Herblain, étaient toujours fermées hier. Vent de panique, à George-Sand où les forces de l'ordre ont été annoncées. Fausse
rumeur. « La situation nous préoccupe car les enfants n'ont pas accès à leur classe et sont à la rue », a précisé l'inspecteur d'académie adjoint, Jean-Marie
Renault. Il n'a pas donné l'ordre d'évacuer. « Nous avons appelé les parents et raccompagné les enfants chez eux », a expliqué une mère d'élève. George-Sand a
levé son blocus hier soir.
Les actions. Une coordination de parents et d'enseignants de l'agglo, du Pays de Retz et du Vignoble, réunis en assemblée générale hier soir, a décidé de poursuivre la mobilisation
contre « toutes les réformes Darcos et contre la casse du service public ». Ils vont s'adresser aux élus et partis d'opposition. Un rassemblement est prévu le
6 juin à l'inspection académique, à 8 h 30, où se tient une réunion sur la carte scolaire.